[Test] The 25th Ward : The Silver Case : la vérité ou la mort

Amateurs d’enquêtes policières et de réalités alternatives, réjouissez-vous ! NIS America, par l’intermédiaire de Koch Media, vous propose de résoudre un crime mystérieux dans The 25th Ward: The Silver Case. Ce jeu est la suite direct de The Silver Case, développé par Grasshopper Manufacture et édité par ASCII Entertainment, sorti en 1999 sur PlayStation. Plongez dans un visual novel entraînant qui vous fera courir après un tueur pas si fou qu’il n’y paraît.

 

Ayant déjà joué à The Silver Case et étant assez fana de visual novel (surtout ceux avec un peu de cul) je fus plus que ravie de pouvoir tester cette adaptation enfin disponible sur PS4, la console favorite de Kyogamer. Je vous l’avoue tout de suite, je ne suis absolument pas déçue de ce voyage d’une vingtaine d’heures dans ce semi-Tokyo futuriste, où chaque être vivant est contrôlé afin qu’il n’y ait jamais de crime.

 

Crime is just like the darkness. It isn’t meant to be seen.

Inutile de présenter Grasshopper Manufacture ou encore Suda51, ces studios passés maîtres dans l’art de nous proposer des expériences vidéo-ludiques de haute volée comme No More Hereos, Killer7 ou encore le délirant Shadows of the Damned. Ici, pas de héros improbables, pas d’univers démoniaques. The 25th Ward: The Silver Case se place quelques années après les événements du jeu The Silver Case (comme son nom l’indique). Au cœur d’un ersatz de Tokyo, nous découvrons le cadavre d’une femme décédée dans des conditions vraiment bizarres. Le crime a lieu dans le complexe Bayside Tower Land, en plein Kanto, dans le vingt-cinquième quartier. Si vous avez joué à The Silver Case vous reconnaîtrez tout de suite les lieux, ainsi que des personnages emblématiques comme Morishima, Kamui Uehara, etc.

The 25th Ward: The Silver Case vous propose donc une enquête, mais pas seulement ! La narration globale du titre se tient sur 3 points de vue, illustrés par 3 histoires que l’on peut suivre comme on le souhaite (ou presque) : Correction, Placebo et Matchmaker. Chaque axe de l’histoire vous permet d’en apprendre plus sur les différents personnages du jeu, de vous interroger sur le service postal franchement bien plus immonde que le nôtre. Certains pourront être rebutés par les dialogues à rallonge et le fait que parfois l’enquête soit mise de côté pour suivre des sous-intrigues futiles. De mon point de vue, Suda51 réussit avec brio à nous plonger dans un univers déroutant et nous donne tout ce dont on a besoin pour avoir envie d’aller au bout de cette enquête, quoi qu’il puisse en coûter.

This scene here, burn it into your eyeballs

Je préfère le préciser, The 25th Ward: The Silver Case est une adaptation d’une première version sortie en 2005 sur les plateformes portables japonaises i-mode et Yahoo! Keitai. Grasshoper Manufacture a fait un travail énorme pour rendre le jeu appréciable sur une console de salon. Le gameplay a été repensé et propose un affichage plus agréable. Les actions se décident maintenant via une sorte de jet de dé et les mouvements se font case après case sans avoir une impression d’immobilité, ce qui est grandement appréciable.

Concernant les énigmes proposées pour résoudre le meurtre et avancer dans les histoires, elles ne sont pas incroyablement compliquées, mais certaines vous rendront la vie un peu difficile. Alors bien évidement, la majorité des énigmes se résoudront en choisissant simplement la bonne combinaison de dialogues, donc ne prenez pas peur tout de suite ! Pour vous aider à digérer tout cela, The 25th Ward : The Silver Case propose des décors revus, un level design sympathique qui permettent de rester pas mal d’heures dans son canapé sans avoir envie d’éteindre le jeu chaque heure en haïssant le Japon de faire ce genre de jeu un peu trop barré.

The 25th Ward: The Silver Case passe bien mieux que son prédécesseur sur PS4, même si la technique laisse parfois à désirer. Mais c’est un jeu Suda51, donc ce que l’on perd en technique, nous le gagnons en art ! La mise en scène du titre est vraiment brillante, les dialogues piquants et je suis resté bluffée par la maîtrise du récit et le traitement de chaque personnage qui gagne en profondeur à mesure que nous avançons dans l’histoire. Le tout est mis en musique par l’excellent Masafumi Takada qu’on a pu croiser sur l’OST de VanquishDigimon Story: Cyber Sleuth ou encore la saga Danganronpa. J’ai quand même un peu râlé sur l’absence de voix pour les personnages, mais mon imagination a rapidement trouvé comment lire chacune des lignes de ces derniers pour que cela ne soit pas un problème.

 

You falling in love with a serial killer?

Je me refuse obstinément à vous parler des personnages et de l’intrigue plus profondément, car j’aimerais sincèrement que chacun d’entre vous se procure le jeu.  The 25th Ward: The Silver Case est une plongée dans un monde alternatif qui n’est pas si éloigné du nôtre, quand on y pense. Il vous met face à une société qui fait absolument tout pour contrôler une population, quitte à liquider les membres refusant de se soumettre à l’autorité ou n’ayant pas un comportement adéquat.

The 25th Ward : The Silver Case killer

Suda51 nous propose ici une plongée au cœur de l’âme humaine, nous questionne sur la notion de bien et de mal. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour vivre totalement en paix ? Pouvons-nous faire confiance aux hautes autorités ? Nous connaissons-nous bien nous-mêmes ?

Pour bien comprendre l’intégralité des intrigues il est préférable d’avoir joué à The Silver Case, mais vous devriez pouvoir vous en sortir même si vous n’y avez pas joué. L’histoire principale met en avant un personnage énigmatique qui vous mettra probablement mal à l’aise : Kamui Uehara. Sans trop en dire, Kamui représente à lui seul tout l’essence du jeu. Ce psychopathe se chargeait dans le précédent opus de faire le ménage au sein d’un gouvernement corrompu. Ici, il semble être de retour avec un plan encore plus grand. Il ne tiendra qu’à vous de vous mettre dans sa peau, de la comprendre pour réussir à l’arrêter. Vous allez tout faire pour trouver la vérité ou la mort…

 

En résumé

The 25th Ward : The Silver Case est un ovni à avoir absolument dans sa ludothèque si vous êtes un joueur PS4. Je suis intimement convaincue que Grasshopper Manufacture et Suda51 nous livrent ici un titre intemporel. Qui attend de nous de pouvoir dépasser nos attentes et nos préjugés, pour réussir à nous plonger entièrement dans une histoire sombre, nous forçant à prendre du recul et nous interroger sur le monde actuel. Saluons aussi le fait que The 25th Ward : The Silver Case soit disponible en format dématérialisé, mais aussi en format boîte et collector (Koch Media, je vous envoie mon adresse ?) alors même que ce genre de jeu y a rarement droit.

Ainsi, si vous aimez les visual novels, les enquêtes policières, les personnages charismatiques et les dialogues piquants, vous pouvez allègrement vous jeter sur ce titre qui devrait vous occuper pour plus d’une dizaine d’heures, voire plus si comme moi vous êtes long à la détente. Pour ceux qui ne savent pas lire l’anglais ou n’apprécient pas la langue de Shakespeare, l’expérience va s’avérer un peu plus complexe…

 

 

Vous aimerez si :
– Les visual novels ne vous font pas peur.
– Vous appréciez le style de Suda51.
– Vous cherchez une expérience de jeu singulière.

Vous n’aimerez pas si :
– Vous n’aimez pas lire.
– Vous ne connaissez pas l’anglais.
– Vous avez du mal avec la vue à la première personne.

Nova

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